Pourquoi dit-on « l'Édit de Nantes » ?

Un édit porte toujours le nom de la ville ou du château où il a été validé officiellement par le roi. Ainsi, en avril 1598, le roi Henri IV a signé et fait sceller à Nantes un texte qui allait mettre fin à 36 ans de guerre civile en établissant une certaine tolérance pour les protestants. La date exacte n'est pas connue car le rédacteur ne mentionne que le mois. Les historiens hésitent entre le 13 avril (jour de l'entrée du roi dans la ville) et le 23 avril (après le départ des ambassadeurs anglais et hollandais) ou même le 30, selon un mémoire de 1683.

Ce lien historique de l'Édit avec Nantes s'explique parce que cette cité est la dernière des villes révoltées à offrir sa soumission. Très attachés à la suprématie du catholicisme, les Nantais ont suivi avec ardeur le duc de Mercœur, gouverneur de Bretagne, dans l'opposition armée à la monarchie après que le roi Henri III eût fait assassiner les princes de Guise, chefs de la Ligue ultra-catholique, dans le château de Blois, en décembre 1588. La montée sur le trône, en août 1589, du calviniste Henri IV n'a fait que radicaliser la lutte. Ni le retour du roi au catholicisme en 1593, ni son sacre à Chartres en 1594, ni l'absolution papale de 1595, ni les offres de négociation du pouvoir royal n'ont fait bouger Mercœur qui, en misant sur une éventuelle disparition du roi ou plus sûrement sur une victoire militaire de l'Espagne de Philippe II, le grand champion international du catholicisme, a attendu la descente de l'armée royale dans le val de Loire pour marchander son ralliement.

Ce que l'histoire retient sous le nom d'Édit de Nantes est en réalité un ensemble composé du texte officiel formé d'un préambule et de 93 articles, complété par 56 articles secrets et deux règlements financiers.